Le Sacré Coeur

extrait album: PARIS Volume 1


Les couples d'amoureux qui gravissent les escaliers de la Butte Montmartre pour admirer la vue sur Paris depuis le parvis de la du Sacré Cœur, ignorent généralement les raisons tragiques de la construction de ce monument emblématique.

Cette basilique est un sanctuaire expiatoire dédié au Sacré-cœur de Jésus.

Il est construit pour « que cessent les malheurs de la France », selon les termes d'un vœu du pays approuvé par l'Assemblée Nationale le 24 juillet 1873.

Cette association insolite de l'Etat républicain et de l'Eglise s'explique par des circonstances exceptionnelles : le pays est traumatisé par la défaite de 1870 contre la Prusse, humilié par l'occupation des troupes étrangères, et effrayé par la violence de l'insurrection puis par la répression de la Commune de 1871 à Paris.

Pour les catholiques, ces malheurs sont les fruits de la politique de Napoléon III qui n'a pas su défendre les Etats du Pape et a préparé ainsi l'annexion de Rome par le royaume d'Italie.

C'est le Cardinal Guibert, l'archevêque de Paris, qui a relayé auprès des députés le vœu des catholiques désireux de rendre à la France sa position de fille aînée de l'Eglise.

La loi de juillet 1873 déclare la construction d'utilité publique.

Elle l'évalue à 7 millions de francs.

L'Etat finance l'acquisition des terrains expropriés pour la somme de 833 000 francs.

Mais la réalisation des travaux a représenté un montant final de 45 000 000 Francs .

Ce sont les souscriptions des diocèses et des particuliers qui ont finalement permis de couvrir ces très importants frais de construction.

L'énorme dépassement s'explique par la nature même du terrain : très instable, il ne peut supporter le poids d'un édifice aussi imposant.

L'architecte, Paul Abadie, résolut cette difficulté majeure.

Il fit percer à partir de 1876, une série de 83 puits de 33 mètres de profondeur à travers les carrières de gypse de la butte.

Il y fit couler du béton et obtint ainsi un ensemble de piles souterraines qu'il fit relier par des arches.

Ce sont là les véritables fondations du monument : sans elles, la Butte s'effondrerait sous le poids de l'édifice.

La construction proprement dite du Sacré-cœur commence en 1881.

Le monument est de style romano-byzantin.

La pierre choisie est du calcaire de Château-Landon, qui a la propriété de fabriquer du calcin, substance qui blanchit avec l'âge et avec le contact des eaux de pluie.

L'architecte meurt en 1884, et le dôme est achevé en 1899 par Hervé Rauline, il culmine à 55mètre au dessus du sol.

Le clocher est terminé en 1914 par Lucien Magne.

Après bien des difficultés politiques, financières ou techniques, l'édifice est consacré en 1919.

La France est cette fois-ci victorieuse de l'Allemagne, mais elle est sort exsangue du premier conflit mondial.

Tout est terminé en 1923, après qu'on ait posé sous la coupole la plus grande mosaïque du monde (475 m2), sous la responsabilité de Jean-Louis Hulot.

Vous pouvez la voir en entrant, elle a été conçue par Luc-Olivier Merson et a été exécutée par les ateliers Guilbert-Martin de 1900 à 1922.

Pour les anticléricaux de la fin du 19e siècle, l'église du Sacré Cœur est un insupportable condensé de superstition et un déploiement de force provocateur contre la laïcité.

Emile Zola en 1898, dans le troisième roman de sa suite des Trois Villes, met en scène un chimiste anarchiste qui tente de faire sauter les piles de béton dans les profondeurs de la Butte.

L'auteur n'hésite pas à envisager cet attentat, et imagine un homme capable de risquer faire s'effondrer la colline, afin de ne jamais voir ce monstre d'obscurantisme dominer Paris.

Ne manquez pas d'aller voir l'église paroissiale de Montmartre.

Cette église est discrètement située à l'ombre de l'aile gauche de la basilique.

C'est l'une des plus anciennes églises aux portes de Paris.

C'est là que saint Denis subit le martyre de la décollation par les païens.

Derrière le Sacré cœur, vous pouvez profiter d'un parc très agréable et généralement peu fréquenté par les touristes, d'où vous apercevrez d'ailleurs la basilique de Saint Denis dédiée au saint tué en haut de Montmartre et qui est enterré là bas.

Derrière, la vue s'étend jusqu'aux collines du Valois


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