La place du Ralliement des années 30 à demain.

Voici différentes vues de la place du Ralliement tirées de cartes postales angevines et commentées par différents intervenants du forum snocotra, en particulier « Terminus »

« Cette photo a été prise en 1937 ou 1938. Le kiosque est construit, la desserte du Génie, de la Place Ney et le Madeleine-Lionnaise sont assurés par bus comme le montrent le Renault ADH arrivant de Madeleine et débouchant de la rue d’Alsace et les deux bus du premier plan. A droite, l’arrièce d’un Renault ZYAC vers Génie et au centre, une Citroën C6 vers place Ney. » (Commentaires de Latil 22 du forum)

« Remarquez le poteau au 1er plan à gauche de la première photo: il y a un feu de signalisation qui lui est accroché. Je pense que c’était un feu rouge clignotant qui signalait le sens interdit. Ce feu était dédié à la circulation générale. Je me souviens d’un semblable feu rouge clignotant, avec une pareille visière, à l’angle des rues St-Aubin et des Lices : il signalait le sens interdit de la rue St-Aubin. À l’époque il n’y avait pas de rues piétonnes : on circulait et stationnait rue St-Aubin, jusque vers 1976 (piétonnisation). Les premiers feux tricolores à Angers datent d’environ 1956 (carrefour du Haras). 
Regardez sur le Ralliement la façade des Galeries Lafayette (Nouvelles Galeries à l’époque) : au 1er étage on voit quatre cariatides encadrant les baies en arc. Ne les cherchez plus aujourd’hui : disparues. Idem pour l’épi en zinc ouvragé et la hampe sur le dôme des Galeries (angle de la rue des Angles), aujourd’hui c’est un simple terrasson. Idem pour l’autre immeuble à dôme, rue St-Denis. » (Commentaires de Terminus du forum)

La place du Ralliement à la fin des années 1950 :

« Cette photo a été prise entre 1956 et 1960. De droite à gauche : un Latil, deux Renault 4211 et le Renault 215 n°36. » (Commentaires de Latil22 du forum)

« Il y a une voie pour autobus derrière le kiosque. Elle était utilisée pour Trélazé, La Pyramide, Les Justices, Les Plaines, St-Léonard. Sur la file extérieure de cette même voie, le bus de réserve était garé, ou des bus hors service. Les jours de match un service spécial (à la demande) reliait le Ralliement au stade, le bus était alors en contresens (portes du côté du terre-plein). C’était peut-être pareil pour le bus spécial du cimetière de l’Ouest, le jour de la Toussaint (?).
Cette photo montre aussi le Ralliement au pire de sa forme, avec un misérable parking d’une quarantaine de places sur le terre-plein. Le 14 juillet, la place servait au bal populaire (bals organisés aussi dans d’autres quartiers, notamment place des Justices). De gauche à droite, le 215D va sans doute à Jean Michel (ligne M), le Renault 4211 sur l’îlot va Route de Paris (ligne N), l’autre 4211 dessert apparemment la ligne de Trélazé (T : Trélazé, Pyramide ou Justices). Le petit Latil est en réserve.
Vous noterez qu’il n’y a aucun poteau d’arrêt, et donc aucune horaire : il fallait savoir ! Seule une feuille d’horaires était apposée sur une vitre ou deux du kiosque. Il n’y avait pas de plan du réseau, sauf dans le livret horaire : tout petit et dessiné à la main il ne mentionnait que les principaux arrêts (par ex. : Madeleine, Justices, mais rien entre les deux). Sur le réseau il y avait des poteaux d’arrêt (avec deux plaques peintes à la main), mais presque toujours dans un seul sens : celui de la plus forte montée, on n’était pas censé prendre le bus dans l’autre sens, alors pourquoi mettre un poteau pour la descente ? Rarement sur les poteaux il y avait un cadre avec plan de ligne et horaires (heures indiquées au départ du terminus). Bien sûr, aucune information dans l’autobus ! On peut le dire : c’était un réseau extrêmement mal administré et très pauvrement desservi. Et il ne transportait pas grand-monde.

DISPOSITION DES ARRÊTS SUR LA PLACE DU RALLIEMENT (vers 1963) :

Si je me souviens bien :
- à gauche devant le théâtre, c’est la ligne E : Ponts-de-Cé (Mairie) – Érigné, tête de ligne : Ralliement, La Mairie des Ponts-de-Cé était un terminus partiel.
- au milieu devant le théâtre : ligne M : Cimetière de l’Est – Jean Michel, tête de ligne : Ralliement,
- à droite : bus de réserve, sans doute marqué ligne P : Ralliement – Les Plaines (par la rue St-Léonard). Il est devant l’ancien kiosque, entre cet autobus et le kiosque était la tête des lignes T (ligne de Trélazé, avec un service partiel pour la Pyramide), P (Les Plaines) ainsi que la navette des Justices (d’abord T puis J), et les bus de St-Léonard (sL).
- le Berliet est sur la ligne G : Salpinte – Génie (rue Mermoz) – Place Ney.

À l’aplomb de la Belle Jardinière on voit une file d’attente dans une chicane sur un îlot : c’est l’arrêt de la ligne N (Route de Paris – Route de Nantes avec crochet par la place Bichon), les gens attendent le bus allant Route de Paris.

Hors photo il y avait les arrêts des lignes :
- B (Ralliement – Belle-Beille), avant l’angle de la rue Lenepveu,
- N (Route de Paris – Route de Nantes), vers la Route de Nantes, îlot avec chicane, symétrique à l’autre sens,
- V (Ralliement – Verneau), entre l’angle de la rue Cordelle et la tête de la ligne B.

Derrière le kiosque se croisaient les bus de la ligne G (vers Génie ou Salpinte, et vers Place Ney). Vers le Génie et Salpinte il y avait un îlot central avec chicane et bornes lumineuses, vers la place Ney arrêt au droit de l’auvent du kiosque.

En 1963 (donc un peu plus tard que cette photo) la ligne R (Ralliement – Roc Épine fut créée, sa tête de ligne était derrière la ligne M, entre le théâtre et l’angle de la rue Chaussée-St-Pierre. Elle fut d’abord desservie par des MGT Tubault du réseau de Rennes (enfin un seul suffisait, l’autre était en réserve). Le Ralliement étant alors saturé d’autobus, lors de la construction de la ZUP Monplaisir, une ligne fut créée, hors du Ralliement , la ligne Z : Pl. Imbach – Nozay (?) ou ZUP Nord (?), elle était assurée par un petit R4200 (modèle court à 2 portes).

À l’époque il ne devait y avoir qu’une quarantaine de bus sur le réseau qui était squelettique et les fréquences étaient maigres (quand il y avait une fréquence).

Un gros avantage, cependant : à cette époque toutes les lignes fonctionnaient les dimanches et fêtes, à environ 2/3 du service de semaine et sans modification d’itinéraire. Ces jours-là il y avait même une ligne supplémentaire : la ligne L : Ralliement, Ste-Gemmes, Port-Thibault, Bouchemaine, Pruniers, Ralliement (ligne circulaire à sens unique). Aujourd’hui on rêverait d’une telle offre dominicale ! »
(Commentaires de Terminus du forum)

La place du Ralliement en 1973 :


« Sur cette photo on voit un SC10 de la ligne Étoile (1, 2, 3) à son arrêt vers la Roseraie (3), devant la Belle Jardinière. Assez vite les 3 arrêts de la ligne Étoile ont été regroupés devant le théâtre (Monplaisir, Roseraie, Belle-Beille), c’était parfait pour les correspondances, et l’arrêt devant la Belle Jardinière fut supprimé. Il fut rétabli lors de l’arrivée des bus articulés (trop longs pour être à 3 devant le théâtre). Sur cette même photo remarquez qu’il y a une voie sur la droite du terre-plein, à peu près à la place de l’ancien kiosque. Je crois qu’elle avait été prévue pour un terminus d’autobus, mais elle n’a jamais servi pour cet usage : on trouvait sans doute que les bus enlaidissaient la place et plusieurs lignes en furent exclues. Plus tard cette voie fut utilisée par les taxis. Encore plus tard on trouva que la Rose des Sables enlaidissait aussi et elle fut pareillement exclue. (Commentaires de Terminus du forum)

La place du Ralliement en 1976 :


L’histoire du Kiosque de la place du Ralliement :

« Il était généralement considéré comme laid, mais on peut avoir un avis différent : moi, je l’aimais bien, il avait le style des années 30. Sur son toit il y a eu des jardinières de fleurs, mais ça n’a pas duré. À une extrémité (côté rue Lenepveu) il y avait le bureau des autobus, à l’autre (côté théâtre), il y avait une marchande de journaux. Entre les deux, une salle d’attente avec des bancs en bois plaqués aux parois revêtues jusqu’à mi-hauteur de mosaïque dans les tons beiges. On y accédait sous la marquise. Il fut détruit vers 1973 (?), lors de la construction du parking souterrain (symbolique, non ?). Un kiosque provisoire en bois servit de bureau pour les autobus, il fit un peu le tour de la place au gré des travaux. Il fut détruit par le personnel qui en avait marre d’une installation aussi précaire (attelé à un bus qui le tira il se coucha sur le flanc). Il fut remplacé par un guichet aménagé à la place des anciennes pissotières, dans le décrochement à droite du théâtre. Celui-ci exista jusque vers 1980 ou 1981 (?), sa vitrine existe toujours actuellement. Il y avait aussi, depuis ± 1976 (?), un guichet d’une place dans un abribus Decaux, place Lorraine. Sur la 4e carte (en couleurs, 1973-1974) on voit à l’extrême gauche un kiosque à journaux provisoire, remplaçant la boutique de journaux du passage du Ralliement, après l’incendie du passage. » (Commentaires de Terminus)

La place du Ralliement de nos jours :


La place du Ralliement que l’on connaît aujourd’hui a été aménagée en 1994, année où le nouvel accès au parking souterrain a été aménagé.
Deux larges voies bus sont aménagées de part et d’autres de la place, la place sert d’ailleurs de terminus partiel pour plusieurs d’entre elles.

D’ici quelques mois la place sera définitivement fermée à la circulation (exceptée livraison et riverain) et totalement réaménagée avec le passage de la ligne A du tramway et la création de la station Ralliement au cœur de la place.

La place du Ralliement dans un futur proche :


Merci aux intervenants du forum et en particulier à Terminus pour toutes les informations sur l’histoire de la place du Ralliement.

© www.snocotra.com – Mai 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

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