Lampes de mine - Lampes de sûreté - Eclairage minier

 

    

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De l'éclairage domestique à l'éclairage souterrain.

 

 


sommaire

Comment fonctionne une lampe de mine ?

Histoire : De l'éclairage domestique à l'éclairage souterrain

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1- De l'éclairage domestique, à l'éclairage souterrain

 

Pendant plus de quatre mille ans, l'éclairage, jusqu'alors principalement réservé à des usages domestiques, évolue relativement peu. De la bougie de cire, à la lampe à huile, on utilise presque toujours le même procédé, le plus simple, et parfois le plus économique, consistant à plonger une mèche dans un combustible pour alimenter une flamme. Il faudra attendre le développement de l'industrie minière pour voir apparaître de nouveaux systèmes mis au point pour faire face à un autre impératif : sauver des vies. C'est à cette époque qu'on va en effet découvrir les gisements de Houille et utiliser ces ressources naturelles situées en profondeur. Le charbon sera abondamment exploité comme source d'énergie - tout comme on utilise aujourd'hui couramment le pétrole - pour se chauffer et pour alimenter des machines, forges, ou fours. On découvrira également  que ce minerai dégage naturellement un gaz instable et particulièrement sournois; invisible, inodore, et surtout... explosif.

Le grisou

Explosion de Grisou

 

2- Le Grisou, inspirateur de lampes.

Les mines de charbon vont s'installer partout en Europe au 18ème siècle, multipliant d'autant les accidents, comptant des centaines et parfois des milliers de victimes. La mortalité due au Grisou atteint son paroxysme au 19ème siècle pendant l'exploitation intensive et généralisée des nombreux gisements du nord de la France, d'Angleterre, de Belgique, d'Allemagne et des pays de l'Est... Les scientifiques et les chercheurs de l'époque vont donc chercher par tout moyen à comprendre et à maîtriser ce gaz redoutable, qui au simple contact d'une flamme, provoque de gigantesques explosions soufflant les galeries de mine et tous ses occupants.

        

Lampe à huile primitives et bougeoirs en pierre et en bois

On tentera bien de ventiler, d'alimenter des lampes perpétuelles dans les exploitations pour brûler les gaz, et même d'envoyer des "pénitents", sacrifiés pour déclancher les explosions à l'aide de perches munies de flammes pour préserver la vie des autres mineurs. Mais les explosions se poursuivent, et leur cortège de morts les accompagnent. On va donc penser autrement, et chercher non plus à maîtriser ce gaz incontrôlable, mais à éviter le contact du "feu nu", brûlant au bout des lampes de chaque mineur, véritable détonateur de cet explosif. C'est l'histoire de ces lampes de mine à huile, et à essence, qui deviendront progressivement des "lampes de sûreté" que nous allons parcourir ici; leurs évolutions, leurs techniques et leurs usage sur une période d'environ 150 ans, de 1800 à 1950.

Mine et grisou, le penitent

Le pénitent

 

3- De la lampe à huile, à la lampe de mine

L'éclairage minier sera pendant longtemps constitué de lampes domestiques ordinaires basées sur le fonctionnement de la lampe à huile antique. Une mèche de tissu, de corde de coton, de chanvre ou de lin tressé, imbibée dans un réservoir d'huile fait remonter le combustible progressivement, par effet de capillarité. La lampe à huile est économe et ce combustible est abondant et peu coûteux. Pour comprendre la luminosité réelle d'un tel éclairage, il suffit de s'imaginer une grosse bougie dont la flamme  produit une fumée noire et grasse qui s'infiltre dans les poumons. Une lampe de mine de l'époque n'offre qu'une lumière crépusculaire permettant à peine de voir les contours de ce qui se trouve à plus d'un mètre d'elle. On comptera un grand nombre d'accidents directement causés par le manque d'éclairage, certes bien inférieur aux innombrables victimes du grisou, mais assez significatif pour être cité. Dans les mines et les carrières, les ouvriers seront également touchés par la cécité du mineur (ou du carrier, selon les exploitations) causée elle aussi, par ces très faibles luminosités.

Lampes dà huile        

Lampe à huile en fer provenant de Wieliczka (Pologne) - XVIème et XVIIème siècle

 

4- Les mineurs et les lampes

Les inventeurs vont rapidement se rendre compte que la conception des lampes de mines doivent non seulement répondre à des problèmes techniques, mais aussi à des problèmes pratiques, en s'adaptant à l'utilisation qu'en feront les mineurs. Conçues dans des ateliers, elles vont devoir subir les tests de "soufflerie" pour ne pas s'enflammer subitement en présence du Grisou, ou lors de manipulations en conditions extrêmes. Les lampes seront ensuite confiées à des chefs d'équipes, des contremaîtres, des ingénieurs ou des géomètres. Elles souffriront bien plus lors de l'abattage, le transport et la circulation dans la mine qui vont les soumettre à des conditions beaucoup plus difficiles. Les réticences des mineurs seront justifiées, ces nouvelles lampes changent leurs habitudes et éclairent bien moins qu'une lampe à huile traditionnelle. Leur premier soucis sera donc de retirer eux même ces "accessoires" qui semblent superflus et  qui masquent considérablement la lumière. Le démontage et le rechargement de la lampe sous terre exposant la flamme à nu, causera ainsi beaucoup d'accidents.

explosion grisou

On tentera donc de mettre en place un système de verrouillage obligeant le mineur à remonter en surface pour y procéder. Un manque à gagner évident auquel beaucoup vont tenter de se soustraire en bricolant leurs lampes eux même pour ne pas perdre ce si temps précieux pour un ouvrier payé à la tâche. Ce problème va s'accroître avec le progrès technique des modèles à injection d'air dont la flamme va se raviver en présence d'un courrant d'air trop violent. A l'inverse, certains tenteront d'éteindre eux même leurs lampes en les plaquant sous leurs vêtements, en les agitant ou en les balançant en présence de grisou, provoquant une surchauffe des tamis, une flamme plus vive, et donc un risque encore plus important d'explosion. Même éteinte, la lampe continuera d'être un danger permanent, puisqu'il faudra la rallumer, ou plutôt éviter de remonter en surface pour le faire, et donc exposer le feu nu dans la mine pour s'éclairer de nouveau. Les mécanismes de fermetures à verrouillages et les allumeurs qui seront conçus par la suite devront être de plus en plus perfectionnés pour répondre à toutes ces exigences...

 


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rev. 03-2009