Les perfectionnements des lampes à huile

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Histoire de l'éclairage
- IV -
La "révolution" des lampes à huile du 18ème siècle
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En 1758, un nouveau décret renforça le dispositif et le plaça sous la charge de l'Etat, libérant ainsi les Bourgeois de Paris de leurs tracas de lampistes involontaires. Les éclairages deviennent des lampadaires recevant des grosses bougies placées dans des lanternes faisant briller sur leurs parois la forme d'un coq symbole de vigilance. Cet éclairage urbain améliore grandement la vie des citoyens de la Capitale mais demeure insuffisant. Les services de l'abbé Laudati de Caraffa vont donc rester en vigueur pour compléter ce dispositif. Ce faible éclairage trop laborieux à entretenir finira par être abandonné en 1765 à la suite d'un concours public auquel participera même le célèbre chimiste Lavoisier, dont le dossier de candidature bien trop volumineux ne sera pas retenu. On installera alors un réseau de lanternes à huile placées devant un réflecteur dans un dispositif devenu célèbre : le réverbère (qui "réverbère" la lumière de la lampe).
Argand de Genève
Le sieur Argand de Genève, entrepreneur. La concession des réverbères est accordée à Tourtille Segrain, chargé de les mettre en place et de les entretenir à Paris, puis dans les grandes villes de France. Ce dispositif restera en place de 1769 jusqu'à l'invention du Gaz et sa généralisation. En 1783, un certain Argand né en Suisse, propose une lampe à huile à l'usage des réverbères utilisant 5 mèches. Sa combustion est sensée se faire sans dépôts de suies pour en conserver toute la luminosité. On entre à cette même époque dans une nouvelle ère de l'éclairage. En Angleterre, l'ingénieur Humphry Davy mène des travaux importants sur l'éclairage minier qui vont révolutionner les lampes à huiles utilisées jusqu'alors. Le Lieutenant de Police Lenoir n'accordera pas à Argand la possibilité d'expérimenter ses éclairages dans la Capitale. Ce dernier s'adressera donc à l'Angleterre où il obtiendra un accueil beaucoup plus favorable. Ayant obtenu cette concession, Argand va revenir à Paris pour tenter de nouveau de diffuser son invention.
Verre du bec Argand composé de deux tubes Le dispositif d'Argand La lampe à huile d'Argand est dite "lampe à double courrant d'air". Elle se compose de deux tubes emboîtés l'un dans l'autre alimentant la lampe en air vers un bec diffusant une flamme ronde et cylindrique, aérée à l'intérieur et à l'extérieur grâce à une mèche creuse. Plus dense, cette flamme est aussi plus vive. Sa lampe surmontée d'un verre droit constitue un véritable "prototype" pour les modèles qui seront plus tard améliorés. Argand possède aussi des concurrents. On retrouve ainsi la trace d'Antoine Quinquet qui s'intéresse à ces découvertes et s'arrange pour devenir un proche de l'inventeur Suisse. Celui-ci ne lui dévoilera jamais ses secrets de fabrication mais en vivant suffisamment à ses cotés, Quinquet associé à un autre inventeur, Lange, réussira à mettre au point un modèle amélioré. Il raccourcit notamment la partie supérieure du verre pour augmenter la combustion de la flamme et fixe l'ensemble sur une rampe verticale coulissante. La lampe Quinquet connaîtra un bien plus grand succès que le modèle dont elle s'inspire, aux dépend de l'infortuné Suisse qui sera contraint de s'associer avec deux de ses anciens contrefacteurs pour obtenir enfin un brevet et les droits sur sa propre invention.
Principe du Vase de Mariotte Procédé utilisé dans les réservoirs des lampes Argand-Quinquet-Lange Le réservoir principal ne s'écoule que lorsque le niveau de l'autre atteint une certaine limite : il reste donc à niveau constant. Ce dispositif donnera par la suite la forme particulière des lampes fonctionnant selon ce principe. © geopedia.fr - Tous droits réservés -
Les trois constructeurs vont installer des ateliers pour concevoir une nouvelle lampe connue sous le nom de lampe à tringle (ou "lampe de bureau") et dont l'amélioration majeure est apportée par le réservoir d'huile reversé dans un vase relié à la lampe. Celui-ci s'écoule régulièrement à mesure qu'une bulle d'air faisant office de régulateur s'introduit dans le dispositif pendant la combustion de la mèche. Ce procédé applique une loi physique connue sous le nom de vase de mariotte. Le succès immédiat de cette lampe à Paris et à Londres est tel, que le brevet accordé à Argand-Quinquet-Lange est immédiatement attaqué par tous les concurrents d'Europe, et particulièrement les "Ferblantiers"* désireux de s'offrir une part de ce fructueux commerce. Mais la justice tranchera en faveur des inventeurs, qui ne jouiront pourtant pas longtemps de cette exclusivité. En 1789 la révolution effacera tous les privilèges accordés aux personnes et aux industries. La lampe tombera dans le domaine public.
*fabricants d'objets manufacturés en fer de l'époque, dont les lampes et lanternes.
"Voyez vous cette lampe où, muni d'un cristal, brille un cercle de feu qu'anime l'air vital ? Tranquille avec éclat, ardente sans fumée, Argand la mit au jour, et Quinquet l'a nommée." |
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