Savoir pour prévoir, afin de pouvoir.
Pourquoi "Penser son éducation autrement" ?
Dans le livre, je parle d'analogie de comportement entre l'enfant, le chien et parfois l'homme.
Je ne veux pas dire que le chien est un de nos proches parents, mais que c'est une "personne" tout court... Si nos mondes respectifs sont différents, nos comportements nous lient dans la notion de survie de l'individu, donc de l'espèce. Pourtant, malgré les liens qui nous unissent (système d'apprentissage, attitudes) nous manquons de respect à sa "personne animale",
Nous avons donc des points communs. Et j'ai choisi de m'intéresser à quelques uns...
Premier point commun, généralement utilisé inconsciemment : le langage gestuel. La communication humaine est essentiellement fondée sur la parole, celle du chien sur le gestuel, mais l'homme communique aussi par le gestuel. Les pensées issues de nos cultures dictent nos comportements, nous pensons, donc, nous agissons. Il en est de même pour l'homme et pour le chien, chacun dans son monde.
Autre point commun que l'on a tendance à négliger, et même à réfuter parfois: l'intelligence. Pourtant, Darwin était déjà convaincu que « la différence d'intelligence entre l'homme et les animaux les plus évolués, aussi grande soit-elle, était une différence de degré et non de nature. »
Enfin, point commun qui est encore plus contesté, (et pourtant! ...) : les émotions. L'homme a tendance à oublier que le chien est un mammifère, et que, comme tout mammifère, il est doté d'un cerveau composé d'une zone limbique, siège des émotions.
Nos idées préconçues nous empêchent de voir nos similitudes ou nos différences, et d'y prêter attention. Avec la méthode, nous combattons ces idées reçues, car l'observation des comportements du chien nous montre à quel point ces idées sont sans fondement.. Nous attirons aussi l'attention sur l'interprétation des comportements observés, car cette interprétation peut être subjective, en fonction de l'observateur.
Bref, facteur essentiel de la méthode : la remise en cause, remise en cause des idées reçues, remise en cause de nos erreurs..., dans le but d'apprendre, comme on apprend aux enfants, avec respect.
La méthode donne à l'homme les compétences nécessaires. Comme pour l'éducation de l'enfant, il faut chercher à faire comprendre, ce qui permettra au chien d'être acteur de sa coopération avec l'homme.
Pour cela, nous instaurons des rituels sur les appareils. Ces aides pédagogiques nous aident à construire une communication cohérente et permettent de développer une écoute mutuelle, gage d'une vraie complicité.
Le principe de laisser les chiens en liberté sous la houlette du chien régulateur et du moniteur favorise l'expression du maître comme du chien. C'est ce que j'appelle la pagaille organisée.
Ainsi, pas de "garde-à-vous" figé comme dans les méthodes traditionnelles, pas de pensée unique conçue sur le même moule. Homme, chien, chacun reste lui-même, avec son caractère et son individualité. Les personnes discutent, et de ces échanges nait une certaine sérénité. Du coup, les maîtres laissent une liberté "surveillée" aux chiens qui s'informent des odeurs sur le terrain et interagissent avec leurs congénères.
Le moniteur profite de ces interactions pour les expliquer et les interpréter, souvent au grand étonnement des personnes présentes. Après avoir éveillé la curiosité des maîtres, la méthode les incite à observer, connaître, comprendre et interpréter pour qu'ils soient capables, ensuite, de prendre des initiatives et d'anticiper ces actions.
Pour obtenir tout cela, la méthode est conçue sur les bases de l'éthologie de l'espèce.
Elle prend comme référence "l'éducation de la progéniture" dans la vie de groupe, pour obtenir des chiens équilibrés.
Elle bannit le système traditionnel fondé sur la rapidité, la facilité, les leurres et le modèle unique.
Tous ces éléments permettent à l'homme de se remettre en question, de remettre en question les idées reçues, avant de commettre des erreurs dont les accidents si fréquents sont les conséquences directes.